Dernière modification par Johan - 2020-06-28 14:18:40

VOYAGE AUTOUR DU JARDIN

Au creux du confinement pur et dur, Pascal, notre fils, et moi avions imaginé de pique-niquer dans différents coins du jardin. Tout nous y invitait : la météo superbe, la nature resplendissante, le télétravail du fils et l’absence d’engagements extérieurs des parents.
La première étape nous a vus nous rendre au fond du jardin, près du chalet en bois. Une table et deux chaises bistro, couleur lavande aux réminiscences provençales, attendent le visiteur curieux du safari des poules ou le jardinier fatigué de lutter contre des liserons tenaces et à la recherche d’ombre bienfaisante.
Nous voilà donc partis en file indienne, pour une traversée de jardin sans dénivelé, pour atteindre notre coin helvético-provençal en plaine et sans montagne, cela tombe sous le sens.
Pffff ! D’habitude, le chauffeur nous pose plus près de l’endroit de pique-nique ! Il faut marcher cinquante bons mètres pour atteindre l’endroit rêvé ! La voiture attend, au repos, bien sagement devant la maison.
C’est donc au bout du (petit) monde, que nous allons déguster nos tartines aux omelettes à la ciboulette ou aux lardons, selon les goûts de chacun. Le matériel de pique-nique est complet : gobelets, sac ad hoc que nous emportons en vacances et qui est toujours prêt (on ne sait jamais !). Un morceau de quatre-quart au coulis de caseille vient couronner le tout. Réussite totale de l’expédition !
A refaire.

Autant changer de destination, pour varier. La semaine suivante ou plus tard, je ne sais plus, nous nous rendons ainsi au Japon, sous le cerisier. Pas un cerisier du Japon, mais un énorme cerisier redevenu sauvage et qui porte des cerises au goût un peu neutre. L’imagination fera le reste pour nous transporter en Extrême-Orient ! Cette fois, il faut s’équiper plus : table de pique-nique, sièges en toile verront les voyageurs s’installer à l’ombre pour déguster de délicieux sandwiches « américains » (jambon/fromage/salade/œufs durs/tomates/concombre).
Celui qui mange ça sans se cochonner est un champion et a droit à toute mon admiration. C’est un menu qui ne favorise pas trop la conversation, vu la hauteur de bouche qu’il faut ouvrir pour enfourner l’affaire !
Encore une fois, réussite totale : météo impec, absence de guêpes, calme absolu. Les Japonais doivent être confinés, eux aussi.

Ne soyons pas en reste, nous nous rendons en Provence, cette fois-ci, sur la terrasse qui a des prétentions provençales. Une tente solaire du même style nous protège des rayons ardents de Phoebe (hem, vive la culture). Au menu : sandwiches à la salade de saumon, préparation maison, évidemment.

Des projets flottent encore dans l’air : excursion dans les vignobles de Bourgogne (sous la vigne) ou séjour au bord du lac Léman (pièce d’eau de 2.500 litres), les idées ne manquent pas.
L’imagination est au pouvoir.

Ces tours de jardin qui montrent la générosité de la nature, en fleurs, légumes et végétation spontanée (surtout !), nous donnent à réfléchir sur ce don de la création qui nous est confiée.
Qu’en faisons-nous ? Comment gérons-nous ? Comment respectons-nous cette terre, cette planète bleue si belle ?
Il est sans doute temps de penser à d’autres styles de vacances, à l’usage que nous faisons des avions, des voitures et des séjours à longues distances.
La peur du virus présent et de ceux à venir nous rendra-t-elle sages et économes de la nature qui nous entoure ? Deviendrons-nous de bons gérants de la création ?
Dieu ne nous a-t-il pas confié cet immense jardin, pour que nous le cultivions et le gardions ?
A méditer.
En voyage…
Au potager.

Yvette Vanescote
Juillet et août 2020