Ils sont venus de partout
Maintenant ils sont venus de partout,
par vagues successives…
l'un poussant l'autre, bousculant l'autre.
Il sont venus de partout,
de la ville entière, de la nation, du monde…
innombrables, inépuisables.
Et ils ne sont plus seuls, mais chargés de bagages :
bagages d'injustices, bagages de rancœur et de haine,
bagages de souffrance et de péché.
Et ils traînent le monde derrière eux,
avec tout son matériel rouillé et tordu,
ou trop neuf et mal adapté.
Seigneur, ils me font mal,
ils sont encombrants, ils sont envahissants.
Ils ont faim, ils me dévorent.
Je ne puis rien faire :
plus ils entrent, plus ils poussent la porte !
Et plus la porte s'ouvre.
Ah ! Seigneur, j'ai tout perdu, je ne suis plus à moi.
Il n'y a plus de place pour moi, chez moi !
Ne crains rien, dit Dieu, tu as tout gagné !
Car tandis que les hommes entraient chez toi
moi ton Père, moi ton Seigneur,
je me suis glissé parmi eux.
Suzanne de Dietrich
Société Luthérienne
Éditions Olivétan 2012